Une pollution atmosphérique spectaculairement moindre dans les pays confinés


24 mars 2020 - 125 vues

Comme l’on pouvait s’y attendre, sur la base de ce qui s’est passé en Chine, il a été constaté que l’air était beaucoup plus pur dans les pays confinés depuis plusieurs semaines, où les transports sont maintenant réduits au minimum, où le travail « non essentiel » et la production se sont donc arrêtés, entraînant de fait une baisse significative de la pollution atmosphérique.

Les images satellite de la NASA du mois de février de la Chine étaient éloquentes : la concentration de dioxyde d’azote dans la région de Wuhan, épicentre de l’épidémie, avait chuté de manière spectaculaire. Le même phénomène a été constaté au début du mois de mars par l’Agence spatiale européenne au-dessus du Nord de l’Italie, et l’effet serait semble-t-il en cours à Madrid et Barcelone depuis la mi-mars. Aucune raison bien sûr pour que cet effet positif du confinement ne « nettoie » pas très vite la France de ses chapes de pollution.

Le dioxyde d’azote est un polluant avec une durée de vie courte (d’où sa disparition en quelques jours de confinement), d’où sa fiabilité en termes d’indicateur de l’intensité des activités humaines.

Si l’on a donc pu observer des effets très convaincants pour les pays confinés depuis plusieurs semaines, il va falloir encore attendre quelques semaines pour évaluer leur impact sur la France, la Belgique, une partie de l’Allemagne ou encore l’Argentine ou la Colombie.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : même en Chine, la pollution n’a pas disparu ! On respire un air « plus » pur, mais pas encore « un air pur » ! En dépit du confinement en Chine, Pékin a tout de même connu des épisodes de pollution aux particules fines en février selon Nasa Earth Observatory. Quant à Paris, on y a enregistré un indice de pollution moyen malgré le confinement à cause de la présence de particules fines et d’ozone. La concentration des polluants étant aussi très dépendante de la météo et d’autres facteurs : « Certaines sources d’émissions, comme la production énergétique et celles liées au logement, ne diminuent pas visiblement quand plus de personnes restent chez elles » précise Vincent-Henri Puech, du programme européen de surveillance de la Terre, Copernicus.

Pour autant, certaines particules et le monoxyde de carbone « devraient aussi diminuer au fil du temps » et du confinement, du fait de la forte réduction des transports et de la production industrielle. Ce qui ne pourra pas faire de mal quand on sait que 8,8 millions de personnes meurent chaque année prématurément de pathologies liées à la pollution atmosphérique : irritation des yeux, de la gorge, complications respiratoires voire cardiovasculaires, pire encore à plus long terme où des maladies chroniques, respiratoires voire des cancers du poumons sont autant d’effets désastreux et parfois létaux sur les patients fragilisés.

« Les mesures de confinement font coup double à la fois en limitant le risque de transmission entre les individus mais également en diminuant la pollution, notamment aux particules fines du trafic routier » souligne le collectif de médecins français Air-Santé-Climat.

Certes ces impressionnantes baisses de pollution sont exceptionnelles car liées à un événement soudain qui a entraîné des mesures drastiques et rapides. Mais, si les systèmes économiques et industriels ne pourront sans doute pas être intégralement revus quand le monde aura réussi à se débarrasser de ce fichu virus, ce qui se passe aujourd’hui devra forcément servir de base de réflexion pour construire un « après » plus sain.

Source : Geo.fr

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