Un artiste redonne des mots et des couleurs aux murs d'un bidonville de Caracas


19 novembre 2019 - 306 vues

Nous vous racontions il y a peu de temps l'initiative d'Ememem qui offrait de la couleur aux villes en "raccomodant" les trottoirs... Il est un autre projet intitulé Share the world, totalement autofinancé là aussi par l'artiste franco-britannique Seb Toussaint, et qui a pour initiative de redonner des couleurs et des mots aux quartiers les plus pauvres du monde...

Commencé il y a 6 ans, Share the world permet à Seb Toussaint de poser ses valises et ses bombes de couleurs pendant un mois, trois fois par an, dans un quartier précis du globe. Il vient de terminer une session à Petare, un quartier chaud de Caracas au Venezuela, considéré comme le plus grand bidonville d'Amérique Latine !

Son but ? Donner de la visibilité à des habitants oubliés, laissés pour compte par la Ville et l'Etat, leur offrir un nouvel espace d'expression par le biais de choix de mots, qu'avec eux, ils cachent à peine dans de grandes fresques colorées, qui redonnent vie à des quartiers frappés de plein fouet par la pauvreté. Des mots simples que les habitants ont choisi comme "liberté", "union" ou encore "mémoire", mais qui parlent plus que de longs discours : "Si on regarde tous les mots et les histoires qui vont avec les mots que les habitants ont choisi, on se rend compte quelle est l'histoire du quartier, quel est son présent et quel est l'avenir que les gens souhaitent ou les rêves et les espoirs du quartier".

Plus qu'un simple projet artistique audacieux, Share the world est surtout une expérience de vie partagée, de laquelle les habitants volontaires sont partie prenante. Seb Toussaint vit avec eux et partage leur quotidien et leurs difficultés. Il aide aussi les plus jeunes à prendre conscience de leur potentiel, comme Shéhérazade à qui il a appris à peindre : "Il m'a appris des techniques pour peindre, pour faire des lignes plus précises. Ça m'enchante parce que ça donne beaucoup de vie au quartier."

De son expérience à Petare, Seb Toussaint dit avoir été marqué par la résilience des habitants malgré l'extrême dénuement dans lequel ils vivent : "Il y a beaucoup de gens qui ont choisi de ne pas partir en Colombie, au Pérou ou de se réfugier ailleurs pour pourvoir le Venezuela de demain. Ce sont des gens qui y croient vraiment et qui sont prêts à passer par ces étapes très difficiles, de vivre dans un pays en grosse crise pour pouvoir être les acteurs de demain."

Une belle initiative qui vise à redonner confiance aux habitants des quartiers très défavorisés et à les inciter à s'exprimer par la création.

Source : Radio France Info

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