Le Portugal prévoit d'investir massivement dans un "après-coronavirus" encore plus vert !


13 mai 2020

Moins tapageur et arrogant que ses cousins européens que peuvent être la France, l’Espagne ou l’Italie, le Portugal mène tranquillement sa caravelle vers des jours meilleurs sans compter sur la providence ou sur la chance, mais en préparant sereinement le terrain, avec humilité et anticipation, valeurs qui portent déjà leurs fruits…

En effet, si le Portugal avait été pointé du doigt par les instances européennes et leurs états « moteurs » au moment de la crise économique de 2008, taxé d’être l’un des « mauvais élèves de l’Europe » au même titre que la Grèce (alors que les cas de figure étaient loin d’être les mêmes !), il fait aujourd’hui indéniablement valeur d’exemple pour tous les pays membres.

Que ce soit par sa capacité à se réformer, à faire les efforts nécessaires et aussi et surtout par son habilité et sa clairvoyance à investir pour préparer l’avenir, le Portugal n’est plus aujourd’hui le « maillon faible » de l’Europe mais, bien au contraire, un exemple dont les « grandes » nations européennes devraient peut-être s’inspirer au lieu de toujours humer du côté des pays scandinaves.

Relance économique et croissance, introduction des thèmes écologiques dans le développement social et économique (Lisbonne Capitale Verte de l’Europe en 2020, ce n’est pas un hasard), gestion de la crise sanitaire avec rigueur, discipline, clairvoyance et anticipation… Autant de preuves récentes qui montrent que pour beaucoup la sagesse et l’harmonie politique, économique et sociétale sont peut-être à aller chercher du côté de la pointe sud-ouest du continent.

Et ce n’est pas la récente annonce du Ministre de l’Environnement portugais, João Pedro Soeiro de Matos Fernandes, qui va venir ternir son image de modernité et de progressisme.

En effet, après l’expérience de l’épidémie de coronavirus et dans la perspective d’un avenir plus respectueux de l’environnement, l’Etat portugais préparerait des investissements massifs de plusieurs milliards d’euros sur un ensemble de projets énergétiques « verts ».

Le plus important serait la fabrication d’une nouvelle usine d’hydrogène « vert » d’ici 2023, une source d’énergie plus propre que les combustibles fossiles. Cette nouvelle usine utiliserait l’électrolyse, un processus utilisant l’électricité pour diviser l’eau.

Un engagement supplémentaire de la part du Portugal que justifie João Pedro Seiro de Matos Fernandes : « L’économie ne peut pas croître dans le sens du passé, et notre vision post-coronavirus est de créer de la richesse à partir de projets qui réduisent les émissions de carbone et favorisent la transition énergétique et la mobilité durable ».

De même, le Portugal va lancer sa deuxième vente aux enchères de licences d’énergie solaire le 8 juin, afin de mettre en place de nouvelles capacités qui l’aideront à atteindre son ambition de 7 000 MW d’énergie renouvelable d’ici 2030, lui qui est l’un des pays les plus ensoleillés d’Europe.

Enfin, le gouvernement portugais attend qu’une nouvelle loi minière soit adoptée pour resserrer les règles environnementales pour lancer également son appel d’offres international pour l’exploration et l’exploitation du lithium, en gardant impérativement tout en haut de la liste des contraintes écologiques : « Chaque fois que les impacts négatifs locaux seront supérieurs au gain global de la décarbonisation, il n’y aura pas d’exploitation du lithium » a entonné le Ministre de l’Environnement.

Des engagements qui montrent que le volontarisme politique en faveur de l’écologie peut ne pas être qu’un vœu pieux, et qu’il peut tout à fait s’intégrer à une vision sociale, économique et industrielle d’un pays, le regard toujours porté vers l’avenir et la modernité.

Source : pepsnews.com

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