Journée mondiale de la samba  : Interview de César Allan, icône de la samba à Lyon !


02 décembre 2021

Journée mondiale de la samba  : Interview de César Allan, icône de la samba à Lyon !

La samba est plus qu’un style musical ou une danse. Aujourd’hui, on célèbre la Journée mondiale de la samba et pour rentrer dans l’univers de la samba, CAPSAO a interviewé Cesar Allan, musicien, chanteur, compositeur et guitariste à Lyon ! INTERVIEW. 

« La samba c’est une philosophie de vie » explique Cesar Allan, figure du monde de la samba à Lyon depuis plusieurs années. Arrivé il y a 34 ans sur le sol français, depuis le Brésil. Natif de Rio de Janeiro, c’est par amour qu’il est venu s’installer à Lyon. Il y fait des études de musique et se consacre à sa passion : la Musique Populaire Brésilienne, la MPB. Le genre MPB n’a pas de style propre, même si César met l’accent sur la samba et la bossa nova. 

César est donc bien placer pour parler de samba. Mais qu’est-ce que représente la samba pour César ?

« C’est une très bonne question ! La samba pour moi, ça connote tout de suite le Brésil, la joie et la musique ». Pour le côté musique, c’est bien parce que César est un artiste musicien, pour d’autres, la samba, c’est de la danse. Mais originairement parlant, les deux vont forcément de pair. « Je n’écarte bien évidemment pas la danse. Toutes les musiques brésiliennes se dansent. Il y a une danse pour chaque musique brésilienne. Quand on va à une soirée samba, certains y vont pour danser et certains y vont pour écouter la samba », raconte César. 

La samba ça vient d’où ?

« Musicalement, la samba, comme toutes les musiques noires, vient de rituels africains avec un rythme joué par des tambours. Même si c’est une samba calme. Il y a beaucoup plus de rythmes que les autres musiques occidentales. Au-delà du rythme, la samba ce sont des histoires, de la poésie. Puis s’ajoute une mélodie un peu occidentale ».

Ce style de musique est finalement la fusion historique des peuples qui font le Brésil d’aujourd’hui. Des noirs africains issus d’un esclavagisme emmenés au Brésil par les colonisateurs portugais… Un pan de l’histoire disgracieux mais qui fait aujourd’hui la richesse de tout un peuple. 

Pour la petite histoire, César raconte que « la samba vient du choro, de la musique originaire d’Afrique, composée de plusieurs ethnies venues du Mozambique, de la côte du Bénin et de l’Angola. D’ailleurs certains disent que la samba angolaise en serait à l’origine, mais je n'affirme pas ça ». 

La première musique de samba, s’intitule « Pelo telefone », enregistrée au Brésil en 1917. 

Et quelle serait la ville emblématique de la samba ? 

« La ville de la samba au Brésil, c’est Rio ! Même s’il y a beaucoup d'influences des noirs brésiliens de Bahia, qui sont ensuite venus travailler dans le port de Rio de Janeiro. Ils se réunissaient chez Tia Ciata, une bahianaise installée à Rio. C’était un peu la prêtresse du coin et elle organisait des fêtes. Et c’est là que la samba duro (de Bahia, avec des tambours et frappements de mains) a commencé et c’était que de la rythmique. Et ensuite, il y a eu l’introduction des paroles et des mélodies. Et ensuite, il y a aussi o batuqe. C’est comme de la samba duro, mais avec une danse. Les gens dansent de façon à faire tomber l’autre au rythme des tambours. C’est l’ancêtre de la capoeira ». 

Côté émotion, la samba c’est beaucoup de sentiments. César décrit la samba comme une véritable philosophie de vie. « Il y a de la tristesse, de la mélancolie, de la nostalgie mais aussi de la joie. Les paroles décrivent souvent des situations de vie. Elle évoque la société avec beaucoup de poésie. La samba c’est se réunir, manger des churrasco (viande grillée), la communion du peuple tout en chantant. C’est une thérapie ». 

En quoi est-ce important de célébrer la Journée mondiale de la samba ? 

« C’est important car la samba c’est comme le témoignage des africains qui sont arrivés au Brésil et ont beaucoup souffert. Ils ont été victimes de racisme, de préjugés et aujourd’hui, c’est une façon de ne pas oublier cela. La samba c’est une étoile du drapeau brésilien. Ça traduit une des cultures d’un peuple qui fait l’Histoire du Brésil, la Samba c’est comme la feijoada et la caipirinha. Une tradition, comme le vin ou le fromage en France ». 

La samba c’est donc plus qu’une musique ou une danse, c’est une commémoration et une certaine forme de résistance d’une partie de la population brésilienne. Un acte politique ? Peut-être bien en comprenant l’histoire de la samba.

Si vous voulez vivre, ou revivre la Journée de la samba, rendez-vous ce 4 décembre au Patchwork Café, dans le 7e arrondissement à Lyon, pour une roda de samba avec la roda de César, Pent’à Gônes à partir de 20h !